Genre et équité sociale

Genre et Equité Sociale

Haïti figure parmi les pays avec l’Indice de Développement Humain (153e parmi 177 pays), avec 76% de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté. Le Document de Stratégie Nationale pour la Croissance et la Réduction de la pauvreté (DSNCRP) publié en Septembre 2007 reprenant les données socio-économiques établies a noté que le pays vit une pauvreté massive entretenue par des inégalités importantes. Le chômage et l’absence d’un système de sécurité sociale expliquent que certains groupes de personnes surtout en milieu rural dont les femmes, les vieillards, les handicapés, les paysans des zones éloignées, les malades, les analphabètes se retrouvent dans des situations d’inégalités et vivent de manière très précaires.

Ces inégalités associées à la faiblesse des services sociaux de base (eau potable, installations sanitaires, éducation, soins de santé, routes), l’éloignement, les mauvaises conditions de logement, le manque de capacité à participer aux décisions publiques et à les orienter, le manque de réseaux sociaux sont autant de facteurs alimentant la situation de pauvreté des groupes défavorisés en milieu rural. Le groupe femme se détache particulièrement parce que vivant une situation complexe « poto mitan » i.e colonne centrale du ménage ou de la société même.

C’est elle qui prend non seulement la première responsabilité pour le soin des membres de la famille, mais aussi les finances du ménage. Elle est impliquée dans les travaux de production agricole, assure la transformation des produits et leur commercialisation. Elle est active en dehors du ménage dans les marchés informels (commerce de produits de base : huile, savon, etc.) pour apporter sa contribution aux finances du ménage qu’elle gère. Il est estimé que 85% de l’économie nationale est informelle, et les activités des femmes constituent la grande partie de ce secteur.

En Haïti, 47 % des familles sont monoparentales, l'écrasante majorité de ces familles étant dirigées, évidemment, par des femmes. Ces femmes ont en moyenne six enfants, le plus souvent de deux ou trois pères différents. Des telles situations ont la tendance d’éroder une empathie mutuelle entre l’homme et la femme. La violence domestique et la violence sexuelle sont malheureusement fréquentes.

Dans le prolongement de son rôle attribué selon le genre comme épouse et mère, la femme est engagée aussi dans un travail de gestion communautaire. A l’opposé, l’homme dans le ménage est surtout impliqué dans des rôles de production comme gagne-pain, surtout dans les marchés formels, et en général il gagne plus que la femme. Pour sa participation dans des activités communautaires, il joue surtout le rôle de dirigeant au niveau politique formel, plutôt qu’à celui de l’organisation de la consommation collective.

Les femmes sont peu représentées dans la sphère politique à tous niveaux (les unités locales jusqu’au parlement national). Le pourcentage de femmes, Cadres de Direction, dans l’Administration Publique est de 7.28%. Les femmes se trouvent davantage dans les postes traditionnels : personnel de soutien, secrétaires, cadres moyens. Les postes technique sont surtout dans le domaine des métiers considérés masculins et constituent des éléments d’exclusion pour les femmes. Plus on se rapproche du milieu rural plus le déséquilibre est grand.

De manière générale, les femmes sont désavantagées. Les femmes rurales particulièrement ayant un accès moindre à l’emploi du fait de leur manque de formation, vivent en marge de la société rurale et n’ont pas voix au chapitre dans les décisions qui les concernent.
HELVETAS Swiss Intercooperation en Haiti a fait le choix de travailler spécifiquement dans les zones reculées avec des groupes défavorisés composés de femmes et d’hommes avec des interrelations complexes qui mettent le plus souvent les femmes dans une position de subordonnées avec des conséquences négatives sur les bénéfices qu’elles pourraient tirer des actions de développement mis en œuvre dans leurs communautés.

La situation de la femme Haïtienne par rapport à l’homme est définie comme défavorisée, mais pas marginalisée. Les facteurs qui déterminent le dé favorisation des individuels par rapport a la population générale ont été identifié :
  • Analphabétisme (de base, et aussi un manque de connaissance de français, dans laquelle la plupart des documents officielles sont écrits)
  • L’éloignement géographique / enclavement (en partie un héritage d’une population qui a échappé à l’esclavage en cherchant les terres a cultiver loin de tous)
  • Handicapés physiques et mentaux (surtout après le Séisme, qui a laissé beaucoup de victimes traumatisés et physiquement diminués)
  • Manque de ressources (surtout économique et de terre)
  • L’âge (vieillards et jeunes femmes sont particulièrement vulnérables)
  • La santé spécialement les personnes affectées de VIH (un problème sans chiffres exacts)
Ces facteurs défavorisent les hommes et les femmes, mais souvent plus des femmes.

Tenant compte des compétences de HELVETAS Swiss Intercooperation en Haiti et des secteurs dans lesquels l’institution est active, les groupes ciblées par les activités GES sont les femmes rurales qui souffrent d’un manque de ressources, toutes les paersonnes vivant dans les zones reculées et les analphabètes. Les activités en faveur de ces personnes sont mises en œuvre d’une manière sensible aux valeurs de la Société Haitienne et donc en travaillant aussi avec les hommes, surtout les hommes dans une position de pouvoir et qui peuvent se révéler des modèles.

En ce sens, HELVETAS Swiss Intercooperation en Haiti recherche un meilleur équilibre en matière de genre et équité sociale («GES») au sein de l’institution, au sein des organisations de base et les autorités locales appuyées par le programme, parmi les prestataires des services, et au niveau des activités – y compris les actions spécifiques. Il s’agit:
  • au niveau institutionnel en prenant en compte de l’égalité des genres dans les procédures administratives et financières, les ressources en vue de contribuer à un processus de changement de l’organisation en termes de procédures, d’attitudes et de culture
     
  • au niveau des programmes en appliquant une approche de planification qui consiste à prendre en compte la dimension GES dans toutes les étapes du Cycle de Projets et la mise en œuvre des actions spécifiques pour changer les rapports de pouvoir GES. L’objectif est de faciliter une culture d’équité dans l’accès aux ressources, revenus et bénéfices des projets mis en place pour améliorer la situation socioéconomique des populations défavorisées.

au niveau des autorités locales et organisations de base appuyées par le programme, et les prestataires de service en encourageant l’égalité genre et l’équité sociale dans leurs procédures organisationnelles, administratives et financières, et dans leurs activités.